Trois comparateurs construits sur une méthode affichée, et un face-à-face pour trancher.
Un comparateur n'est jamais neutre : il choisit ses critères, et ces critères décident du classement. Ici, le critère principal est le coût réellement facturé à un particulier, appliqué à un profil affiché — deux ordres de 200 € par mois. Change le profil, et l'ordre change.
Trois pièges reviennent partout. Les primes de bienvenue, qui gonflent un classement alors qu'elles ne se touchent qu'une fois. Les notes globales sur cinq, qui mélangent des choses qui se mesurent et d'autres qui ne se mesurent pas. Et les tarifs d'appel, valables sur un montant d'ordre précis et jamais au-delà.
C'est pourquoi chaque page indique sa méthode, la date de relevé des tarifs et le profil de calcul. Si tu ne trouves pas ces trois informations sur un comparateur, tu ne lis pas une comparaison : tu lis une publicité.
Un comparateur sérieux ne juge que ce qui se mesure. Nous en retenons quatre : le coût réellement facturé, l'accès aux enveloppes et aux marchés, les conditions d'obtention des offres gratuites, et la transparence de la grille tarifaire.
Le premier décide de presque tout. Les trois autres servent à vérifier qu'on compare des choses comparables : un courtier moins cher qui ne propose pas le PEA ne coûte pas moins cher, il ne répond pas au même besoin.
Ce que nous ne notons pas : la qualité du service client, l'ergonomie de l'application, la solidité perçue de l'établissement. Ces critères comptent, mais toute note qu'on leur attribuerait serait une opinion déguisée en chiffre.
Changer d'établissement demande une demi-journée. Cela vaut la peine dans trois cas seulement : si l'écart de coût annuel dépasse 50 €, si ton établissement actuel ne propose pas l'enveloppe dont tu as besoin, ou si des frais que tu croyais inexistants apparaissent sur tes relevés.
Dans les autres cas, l'inertie est rationnelle. Multiplier les comptes pour gagner quelques euros crée une complexité administrative qui finit par coûter plus cher en temps qu'elle ne rapporte.
Pour un PEA, un point mérite d'être connu : le transfert conserve l'antériorité fiscale, et les frais sont plafonnés à 150 € par la loi PACTE. Changer de courtier ne remet donc jamais le compteur des cinq ans à zéro.
Comment ces comparateurs sont-ils construits ? À partir des grilles tarifaires publiques des établissements, relevées trimestriellement, et d'un fichier de données unique partagé par les trois pages.
Les liens sont-ils rémunérés ? Certains liens vers les établissements peuvent l'être. Cela n'influence ni l'ordre d'affichage, ni le contenu des comparaisons, qui suivent le coût calculé.
Quel comparateur consulter en premier ? Celui qui correspond à ton besoin immédiat : le PEA pour investir en actions européennes, le compte-titres pour le reste du monde, la banque en ligne pour le quotidien.
Changer de courtier ou de banque paraît anecdotique. Sur la durée, c'est l'une des rares décisions dont l'effet se chiffre sans incertitude, parce qu'elle ne dépend ni des marchés ni de la chance.
Un investisseur qui passe deux ordres de 200 € par mois paie 24 € par an chez le moins cher et plus de 90 € chez le plus cher, à service identique. Sur vingt ans, l'écart dépasse 1 300 € — sans compter ce que cette somme aurait rapporté si elle était restée investie.
Côté bancaire, l'écart est plus large encore : de 0 à 24 € par an en ligne, contre 150 à 220 € au guichet selon l'Observatoire des tarifs bancaires. Sur dix ans, cela représente le prix d'un voyage.
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