Le compte-titres ordinaire

À retenir
  • Le compte-titres n'a ni plafond de versement, ni restriction géographique, ni durée minimale.
  • En contrepartie, chaque gain réalisé supporte la flat tax de 31,4 %, sans aucun abattement.
  • Il se justifie une fois le PEA plein, ou pour ce que le PEA ne peut pas loger.

À quoi il sert vraiment

Le compte-titres ordinaire est le compte d'investissement par défaut : celui qui n'a aucune règle particulière. Tu y loges ce que tu veux — actions américaines, obligations, ETF non éligibles au PEA, produits dérivés — pour le montant que tu veux, et tu retires quand tu veux.

C'est sa force et sa faiblesse. Aucune contrainte, mais aucun avantage fiscal non plus. Là où le PEA est un espace protégé sous conditions, le compte-titres est un espace libre sans protection.

Il n'y a pas de limite au nombre de comptes-titres détenus, et ils peuvent être ouverts à deux, ce que le PEA n'autorise pas.

Une fiscalité sans détour

Chaque vente génératrice de plus-value et chaque dividende encaissé sont imposés l'année suivante, au prélèvement forfaitaire unique de 31,4 % depuis 2026 — 12,8 % d'impôt sur le revenu et 18,6 % de prélèvements sociaux.

Il n'existe ni abattement, ni durée de détention qui améliore le traitement. La seule optimisation disponible est l'imputation des moins-values sur les plus-values de même nature, reportable dix ans, et l'option pour le barème progressif si ta tranche marginale est à 0 ou 11 %.

Point positif souvent ignoré : l'imposition ne se déclenche qu'à la vente. Tant que tu ne vends pas, un compte-titres capitalise sans friction fiscale.

PEA et compte-titres, ce qui les sépare
PEACompte-titresPlafond de versement150 000 €AucunMarchés accessiblesEuropeMonde entierImpôt après 5 ans18,6 %31,4 %ArbitragesSans impôtImposésNombre de comptes1 par personneIllimité
L'écart d'imposition atteint 12,8 points sur chaque euro de gain réalisé.

Quand l'ouvrir

La règle est simple : après le PEA, jamais avant. Le PEA plafonne à 150 000 € de versements et n'accepte que des titres européens ou des ETF qui les répliquent. Tant que tu es en dessous de ce plafond et que les supports disponibles te suffisent, ouvrir un compte-titres revient à payer 12,8 points d'impôt en trop.

Trois situations le justifient. Le plafond du PEA atteint. L'envie d'acheter des actions américaines en direct, impossible dans un PEA. Le besoin d'investir en obligations, en matières premières ou sur des ETF non éligibles.

Notre page PEA ou compte-titres chiffre l'écart sur un cas concret.

Ce qui distingue un bon compte-titres

Les frais, comme toujours, mais pas exactement les mêmes que sur un PEA.

  • Les frais de courtage : de 0 à 1 % par ordre selon les acteurs. L'écart se voit surtout si tu investis mensuellement de petites sommes.
  • Les frais de change : ils apparaissent dès que tu achètes en dollars. Souvent 0,15 à 0,25 %, parfois beaucoup plus chez les banques traditionnelles. C'est le poste le plus sournois d'un compte-titres.
  • Les droits de garde : nuls chez les courtiers en ligne, encore facturés au guichet.
  • La retenue à la source étrangère : 15 % sur les dividendes américains avec le formulaire adéquat, 30 % sans. Vérifie que ton courtier le gère.

Le comparateur de comptes-titres classe les acteurs sur ces critères.

Deux erreurs fréquentes

La première consiste à vendre pour arbitrer. Sur un compte-titres, chaque arbitrage est un fait générateur d'impôt : changer d'ETF coûte 31,4 % sur la plus-value latente réalisée. Dans un PEA ou une assurance-vie, le même arbitrage ne coûte rien.

La seconde est d'ignorer la déclaration des comptes détenus à l'étranger. Beaucoup de courtiers populaires sont établis hors de France : le compte doit être déclaré chaque année, même vide, sous peine d'amende.

Un cas chiffré

Un cas chiffré
  • 20 000 € de plus-value réalisée sur un compte-titres : 6 280 € d'impôt, il reste 13 720 €.
  • La même plus-value dans un PEA de plus de cinq ans : 3 720 € de prélèvements sociaux, il reste 16 280 €.
  • 2 560 € d'écart, pour un portefeuille identique — c'est le prix de la liberté de placement du compte-titres.
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Questions fréquentes

Faut-il un PEA ou un compte-titres ? Le PEA d'abord, dans la quasi-totalité des cas : après cinq ans, il évite 12,8 points d'impôt. Le compte-titres prend le relais au-delà de 150 000 € versés ou pour les supports qu'il n'accepte pas.

Combien de comptes-titres peut-on avoir ? Autant que souhaité, dans plusieurs établissements, et ils peuvent être ouverts en compte joint — contrairement au PEA, limité à un par personne.

Quand paye-t-on l'impôt sur un compte-titres ? L'année suivant la vente, sur les plus-values réalisées et les dividendes encaissés. Tant que rien n'est vendu, rien n'est imposé.

Comment déclarer un compte-titres à l'étranger ? Avec le formulaire 3916-3916 bis joint à la déclaration de revenus, une ligne par compte, même si le compte est vide ou inactif dans l'année.

Comment sont imposés les dividendes américains ? Une retenue à la source de 15 % s'applique avec le formulaire W-8BEN transmis par le courtier, 30 % sans. S'y ajoute la fiscalité française, avec un crédit d'impôt correspondant à la retenue.

Comment reporter une moins-value boursière ? Elle s'impute sur les plus-values de même nature de l'année, puis se reporte pendant dix ans. Elle doit être déclarée l'année où elle est réalisée pour rester utilisable.

Suite du parcours
Les types de PEA

Les frais de change pèsent souvent plus lourd que le courtage.

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