La règle tient en une comparaison : si le taux de votre crédit dépasse le rendement net que vous pouvez espérer d'un placement, remboursez. Un crédit à la consommation à 6 % se rembourse presque toujours ; un crédit immobilier à 1,2 % contracté en 2021 se garde presque toujours. Le remboursement anticipé est un rendement garanti, net d'impôt et sans risque.
Rembourser un crédit à 6 % équivaut à un placement qui rapporterait 6 % net d'impôt et sans le moindre risque. Aucun placement sûr ne propose ça.
Face à un crédit immobilier à 1,2 %, la comparaison s'inverse : un ETF mondial rapporte historiquement autour de 7 % brut sur le long terme. Garder le crédit et placer la somme est statistiquement plus rentable.
Le seuil de bascule se situe autour de 3 à 4 %. Au-dessus, remboursez ; en dessous, placez — à condition d'avoir l'horizon qui va avec.
Sur un crédit immobilier, la loi les plafonne au plus faible des deux montants suivants : six mois d'intérêts sur le capital remboursé, ou 3 % du capital restant dû.
Sur un crédit à la consommation, elles sont plafonnées à 1 % du montant remboursé si le crédit court encore plus d'un an, 0,5 % en deçà — et elles n'existent pas du tout en dessous de 10 000 € remboursés sur douze mois.
Beaucoup de contrats immobiliers les suppriment purement et simplement en cas de vente du bien, de mutation professionnelle, de décès ou de perte d'emploi. Vérifiez votre offre de prêt : la clause y figure.
L'épargne de précaution passe en premier. Vider ses réserves pour rembourser un crédit est une mauvaise opération : au premier imprévu, il faudra réemprunter, plus cher.
Trois à six mois de dépenses restent disponibles quoi qu'il arrive. Ce qui dépasse peut servir au remboursement.
Rappelez-vous aussi qu'un remboursement anticipé est irréversible : l'argent est parti, la banque ne vous le reprêtera pas au même taux.
Un remboursement partiel laisse le choix, et il n'est pas anodin. Réduire la durée fait économiser beaucoup plus d'intérêts ; réduire la mensualité allège le budget immédiat.
Sur un crédit de 200 000 € à 3,5 % sur vingt ans, un remboursement de 20 000 € en réduisant la durée économise plusieurs dizaines de milliers d'euros d'intérêts. En réduisant la mensualité, l'économie est bien moindre.
La règle : si le budget mensuel tient, choisissez toujours la réduction de durée.
Un taux inférieur à 2 %. Les crédits de 2020-2021 sont un actif, pas une charge. L'inflation les érode d'elle-même.
Un investissement locatif. Les intérêts d'emprunt sont déductibles des revenus fonciers. Rembourser augmente l'imposition et réduit l'effet de levier.
Sans épargne de précaution. C'est la plus fréquente et la plus coûteuse : elle conduit à réemprunter dans l'urgence, à un taux bien supérieur.
Quand faut-il rembourser un crédit par anticipation ? Quand son taux dépasse le rendement net attendu de vos placements, soit environ 3 à 4 %. Au-dessus, remboursez ; en dessous, placez.
Quelles sont les indemnités de remboursement anticipé ? Sur un crédit immobilier, le plus faible entre six mois d'intérêts et 3 % du capital restant dû. Sur un crédit conso, 1 % maximum, et rien en dessous de 10 000 € remboursés sur douze mois.
Peut-on éviter ces indemnités ? Souvent oui. De nombreux contrats les suppriment en cas de vente du bien, de mutation professionnelle, de décès ou de perte d'emploi. La clause figure dans l'offre de prêt.
Faut-il réduire la durée ou la mensualité ? La durée, si le budget mensuel le permet : l'économie d'intérêts est bien plus importante. Réduire la mensualité n'a de sens que si la trésorerie est tendue.
Faut-il rembourser un crédit immobilier à 1,2 % ? Non, presque jamais. Un ETF mondial rapporte historiquement autour de 7 % brut sur le long terme. Garder le crédit et placer la somme est statistiquement plus rentable.
Faut-il vider son épargne pour rembourser ? Non. Gardez trois à six mois de dépenses disponibles quoi qu'il arrive : un remboursement anticipé est irréversible, et la banque ne vous reprêtera pas au même taux.