- Depuis la loi PACTE, les frais du PEA sont plafonnés par la loi, mais des écarts considérables subsistent entre banques traditionnelles et courtiers en ligne.
- Quatre postes à surveiller : l'ouverture, la tenue de compte, le courtage à chaque ordre et le transfert.
- Sur vingt ans, un point de frais annuels supplémentaire peut coûter plusieurs dizaines de milliers d'euros.
Pourquoi les frais méritent ton attention
Les frais sont le seul paramètre de ton investissement que tu contrôles totalement. Tu ne peux pas décider de la performance des marchés ; tu peux décider de ne pas laisser 1 % de ton capital partir chaque année en frais.
Et leur effet est cumulatif. Sur 50 000 € placés pendant 20 ans à 7 % de rendement annuel, un écart d'un seul point de frais représente environ 35 000 € de capital final en moins. Notre simulateur de frais
Simulation à 7 % de rendement brut annuel sur 20 ans. Un seul point de frais coûte ici plus de 30 000 €.
Les frais d'ouverture
La loi PACTE les a plafonnés à 10 €. En pratique, la quasi-totalité des courtiers en ligne ne facturent rien du tout.
Si un établissement te réclame des frais d'ouverture en 2026, c'est déjà un signal sur sa politique tarifaire générale.
Les frais de tenue de compte
Ce sont les frais annuels facturés simplement pour détenir le plan. Ils sont plafonnés à 0,4 % de la valeur du portefeuille par an, avec des majorations forfaitaires possibles par ligne détenue.
C'est ici que l'écart se creuse le plus. La majorité des courtiers en ligne appliquent 0 €, quand certaines banques traditionnelles atteignent le plafond légal. Sur un portefeuille de 100 000 €, cela représente 400 € par an — 8 000 € sur vingt ans, sans compter le manque à gagner sur ces sommes non investies.
Les frais de courtage
Prélevés à chaque ordre d'achat ou de vente, ils sont plafonnés à 0,5 % du montant de l'ordre pour un ordre passé en ligne (1,2 % pour un ordre transmis par téléphone ou en agence).
Dans les faits, les courtiers en ligne facturent souvent un montant fixe de quelques euros par ordre, parfois moins de 1 € sur les petits montants. Certains proposent même des ordres gratuits sur une sélection d'ETF.
Ce poste pèse d'autant plus lourd que tu passes d'ordres fréquents. Un investisseur qui achète 200 € d'ETF chaque mois avec 5 € de frais par ordre laisse 2,5 % de chaque versement — un handicap considérable. Mieux vaut alors espacer les versements, ou choisir un courtier adapté aux petits montants.
Les frais de transfert
Si tu changes d'établissement, le transfert de ton PEA est facturé, mais plafonné à 150 € par la loi.
C'est un point rassurant : tu n'es jamais prisonnier d'un courtier trop cher. Le transfert conserve l'antériorité fiscale de ton plan, donc le compteur des 5 ans n'est pas remis à zéro. L'opération prend généralement deux à quatre semaines.
Beaucoup de courtiers en ligne remboursent d'ailleurs ces frais de transfert pour attirer de nouveaux clients : renseigne-toi avant de payer.
Les frais moins visibles
Au-delà des quatre postes réglementés, deux coûts passent souvent sous le radar :
- Les frais internes des fonds et ETF : prélevés directement par le gestionnaire, ils n'apparaissent sur aucun relevé. Un ETF affiche typiquement 0,10 % à 0,30 % par an, contre 1,5 % à 2 % pour un fonds géré activement.
- Le spread : l'écart entre le prix d'achat et le prix de vente d'un titre. Il est négligeable sur les ETF très liquides, plus sensible sur les petites valeurs.
Le premier point est souvent bien plus déterminant que les frais de courtage. Choisir un ETF à 0,20 % plutôt qu'un fonds à 1,8 % fait gagner 1,6 point par an, chaque année, sur la totalité du capital.
Comment payer moins
- Privilégier un courtier en ligne plutôt qu'une banque de réseau
- Vérifier l'absence de frais de tenue de compte, critère le plus discriminant
- Regrouper ses achats pour limiter le nombre d'ordres si les frais sont fixes
- Privilégier les ETF aux fonds gérés activement pour les frais internes
- Ne pas hésiter à transférer son plan : 150 € se rentabilisent vite
Notre comparateur de PEA met les principales offres face à face, et notre guide sur le choix du courtier détaille les autres critères à considérer.
Un cas chiffré
- Deux ordres de 200 € par mois représentent 48 € de frais de courtage par an chez un courtier facturant 1,99 € minimum, contre 24 € à 1 € l'ordre.
- Sur vingt ans, l'écart atteint 475 €, sans compter ce que cette somme aurait rapporté une fois investie.
- Les droits de garde pèsent bien plus lourd : au plafond légal de 0,4 % par an, un PEA de 50 000 € coûte 200 € par an, à comparer aux 0 € des courtiers en ligne.
Questions fréquentes
Les frais sont-ils déductibles des impôts ? Non, ils viennent simplement en diminution de la performance de ton portefeuille.
Peut-on négocier ses frais ? Rarement chez un courtier en ligne, dont les tarifs sont standardisés. Plus envisageable dans une banque traditionnelle si tu y détiens un patrimoine significatif.
Le plafonnement légal s'applique-t-il à tous les PEA ? Oui, depuis le décret d'application de la loi PACTE entré en vigueur en 2020.
