- Une unité de compte est un support non garanti logé dans une assurance-vie ou un PER : ETF, fonds actions, SCPI, immobilier.
- Le capital n'est pas garanti, mais c'est la seule façon d'espérer plus que les 2,65 % d'un fonds euros.
- Deux couches de frais se superposent : ceux du contrat et ceux du support lui-même.
Ce que c'est vraiment
Une assurance-vie comporte deux compartiments. Le fonds euros, garanti par l'assureur. Et les unités de compte, qui ne le sont pas.
Le terme intimide, mais il ne désigne rien d'autre qu'un support d'investissement classique emballé dans le contrat : un ETF, un fonds actions, une SCPI, un fonds obligataire. L'assureur ne garantit que le nombre de parts détenues, pas leur valeur.
C'est le seul moyen d'aller chercher, dans une enveloppe fiscalement avantageuse, le rendement des marchés — et d'en accepter les baisses.
Deux couches de frais, jamais une seule
C'est le point que les épargnants découvrent trop tard. Sur une unité de compte, tu payes deux fois.
Les frais de gestion du contrat d'abord, prélevés chaque année sur l'encours : 0,50 % chez les bons contrats en ligne, jusqu'à 0,85 % dans une banque traditionnelle.
Les frais internes du support ensuite : environ 0,20 % pour un ETF mondial, mais 1,5 à 2 % pour un fonds géré activement. Ces frais-là n'apparaissent nulle part sur ton relevé : ils sont déduits de la valeur de la part.
Un fonds maison à 1,8 % logé dans un contrat à 0,85 % coûte 2,65 % par an. Un ETF à 0,20 % dans un contrat à 0,50 % coûte 0,70 %. Sur vingt ans, l'écart dépasse la moitié du capital de départ.
Comment choisir ses supports
Trois règles suffisent, et elles vont à l'encontre de ce que propose spontanément un conseiller.
- Privilégier les ETF quand le contrat en propose : mêmes marchés, frais divisés par cinq à dix par rapport aux fonds gérés.
- Se méfier des fonds maison : ceux qui portent le nom de l'assureur ou de la banque cumulent souvent frais élevés et performance médiocre.
- Limiter le nombre de lignes : deux ou trois supports suffisent à couvrir le monde. Un contrat avec quinze lignes n'est pas mieux diversifié, il est juste plus difficile à suivre.
Le comparateur d'assurance-vie indique quels contrats donnent accès aux ETF, ce qui est loin d'être le cas de tous.
Le risque, et comment le doser
Les unités de compte peuvent perdre 30 ou 40 % dans une mauvaise année. Ce n'est pas un accident, c'est le fonctionnement normal des marchés actions — et la contrepartie du rendement supérieur au fonds euros.
La question n'est donc pas d'en prendre ou non, mais dans quelle proportion. La réponse dépend de l'horizon, exactement comme pour un portefeuille boursier : rien avant trois ans, une part mesurée jusqu'à huit ans, une part dominante au-delà.
Un contrat 100 % fonds euros n'est pas prudent, il est simplement sûr de rapporter peu. Un contrat 100 % unités de compte à trois ans d'un projet n'est pas audacieux, il est imprudent.
Un avantage discret
Les arbitrages entre unités de compte, ou d'une unité de compte vers le fonds euros, ne déclenchent aucune imposition tant que l'argent reste dans le contrat.
C'est un avantage considérable face à un compte-titres, où chaque arbitrage coûte 31,4 % de la plus-value réalisée. Rééquilibrer son allocation devient gratuit.
Les prélèvements sociaux sur les unités de compte ne sont prélevés qu'au rachat, contrairement au fonds euros où ils le sont chaque année : l'argent non prélevé continue de travailler.
Un cas chiffré
- 100 000 € placés vingt ans avec 6 % de rendement brut et 0,70 % de frais totaux donnent environ 281 000 €.
- Les mêmes 100 000 € avec 2,65 % de frais donnent 195 000 € : 86 000 € d'écart, pour des marchés identiques.
- Cet écart ne vient d'aucune décision d'investissement — seulement du choix du contrat et du support.
Questions fréquentes
Les unités de compte sont-elles risquées ? Oui, le capital n'est pas garanti et une baisse de 30 % est possible. C'est la contrepartie d'un rendement espéré supérieur à celui du fonds euros.
Quelle part d'unités de compte dans un contrat ? Cela dépend de l'horizon : rien en dessous de trois ans, une part mesurée jusqu'à huit ans, une part dominante au-delà.
Les arbitrages sont-ils imposés ? Non, tant que l'argent reste dans le contrat. C'est l'un des principaux avantages de l'assurance-vie face au compte-titres.
